Douce France, cher pays de mon enfance… dis moi où tu m’emmènes s’il te plait.

J’ai une grande tendresse envers ce magnifique pays qu’est la France, mon pays avec ses paysages et ses soleils merveilleux comme disait un grand monsieur de la chanson française…

Entre fierté nationale et nationalisme inquiétant, la frontière est mince…

C’est pour cela que je souhaitais écrire sur l’Union européenne, parce que ce sujet revient souvent en toile de fond dans notre actualité.

« Déjà c’est quoi l’Union européenne ? »

L’Union européenne (ci-après l’UE) est un marché unique et une communauté de valeur.

Il y’a plusieurs décennies, des personnes ambitieuses se sont dit que pour assurer la paix en Europe (chose pas si évidente que ça post seconde guerre mondiale) et pour avoir une chance de contrecarrer la sainte puissance américaine qui commençait à prendre beaucoup de place sur le terrain mondial, il serait pas mal de repousser les frontières des pays et les redessiner à un niveau international pour que « l’union fasse la force ».

L’UE a donc permis à ce que les échanges soient plus simples, sans barrières économiques (droits de douane) ou barrières équivalentes (normes techniques). Toutefois, chose rassurante, cette liberté de circulation des marchandises, services, personnes, capitaux est quand même contrebalancée par des règles de concurrence, et des valeurs à respecter.

En effet, l’UE c’est également des juges, qui peuvent condamner des pratiques anticoncurrentielles, qui peuvent dire qu’un Etat ne joue pas le jeu de l’UE, ou que les organes de l’UE ne respectent pas, eux-même, les traités fondamentaux.

Par ailleurs, c’est l’UE qui peut dire à une entreprise chinoise notamment, « non tu ne viendras pas vendre tes vélos à 10 euros sur mon territoire, parce que moi avec mes normes (salaire minimum, normes techniques…etc.), je ne suis pas en mesure de produire et créer des vélos européens à 10 euros ». Alors oui on prive les consommateurs de  vélos chinois à 10 euros, mais on protège nos entreprises européennes qui elles, ne pourraient s’aligner et finiraient par disparaître si on acceptait ces pratiques. Bref l’UE c’est aussi ça.

Au delà de l’aspect « business is business », l’UE n’est pas qu’une simple union de, pour l’instant, 28 pays, mais des valeurs fondamentales démocratiques, conditions préalables à l’entrée dans l’UE et conditions de maintien également, car une faille et hop c’est la suspension.

En contrepartie de ce ralliement à ces idées démocratiques, on donne à l’Union européenne le pouvoir de mener une politique commune, ce que les organes de l’Union font à travers les règlements européens (d’application directe) et les directives européennes (qu’il faut transposer, c’est à dire adopter une loi qui reprenne cette directive pour qu’elle puisse avoir un effet en France).

En résumé, nous avons dans l’UE, des traités, socles des institutions (un peu comme notre constitution française), des règlements et des directives qui sont les outils pour permettre aux organes de l’UE de travailler et des juges qui veillent au grain.

« OK mais alors pourquoi on nous dit que l’Europe va mener la France à sa perte? » 

Bon alors là, c’est une analyse plus économique que juridique, ou plutôt du juridique au service de l’économique, parce que l’UE, pour répondre à tous les objectifs cités ci-dessus a souhaité devenir une véritable Union économique et monétaire.

Ce projet a commencé par la création de la banque centrale européenne et l’instauration d’une monnaie unique, l’Euro.

« Ah oui, l’Euro, la raison pour laquelle on paie 1,30 euros notre baguette de pain alors qu’avant c’était 0,5 francs…. »

Alors pour répondre à ça, je renvoie à un article de presse disponible ici, qui fait l’analyse des chiffres de l’INSEE et de l’inflation et qui répond très bien à cette question parce que les chiffres ne mentent jamais. Après les interprétations que chacun en font… c’est une autre histoire.

Par contre l’instauration de l’Union économique et monétaire, c’est le moment où en effet, on a commencé à observer les limites de l’UE, et l’émergence d’une véritable Europe a deux vitesses.

« Pourquoi ? »

Pour la simple et unique raison que chaque pays a des politiques différentes liées à son histoire et à de nombreux autres facteurs, et que l’UE a souhaité remettre tout le monde « dans le game », avec une volonté de rapprocher toutes les politiques monétaires nationales.

Alors là, c’est l’arrivée des fameux « six pack » « two pack » (attention aucun lien avec le rappeur), « TSCG » « pacte budgétaire européen » et toutes ces appellations à coucher dehors, dont l’objectif principal est de ramener les Etats européens à cette règle d’or qu’est l’équilibre budgétaire.

L’UE regarde les recettes et les dépenses de chaque Etat et mince…, en France (comme dans d’autres pays, rassurez-vous) on dépense plus qu’on a de recettes.

L’UE prend des recommandations non contraignantes, s’agace un peu que les Etats répondent « oui oui on va le faire » et qu’en fait rien ne change, donc décide de mettre un système de punition un peu spécial. L’UE confisque de l’argent à des pays qui n’arrivent pas à gérer leur budget et leur rend quand ces derniers se remettent dans le droit chemin.

C’est un peu comme si lors d’un découvert de 100 euros, notre banquier nous disait « je te prends 100 euros de plus et je te les rends quand tu arrives à remettre tes comptes dans le vert ». En terme de logique… on repassera.

La Commission pour appuyer ses recommandations, parle de « triangle vertueux de la politique économique », soit la relance de l’investissement, la poursuite des réformes structurelles et la conduite de politiques budgétaires responsables. Ce qui ne veut rien dire et tout dire à la fois.

La Commission scrute nos finances publiques, rend son avis et même des recommandations aux Etats.

« Alors, on lit quoi dans ces recommandations ? »

Que la France dépense trop, qu’il faut qu’elle serre ceinture sur les dépenses publiques (fonctionnaires et santé notamment), que les entreprises paient trop chères en France (impôt et SMIC), qu’on n’encourage pas assez le retour au travail avec notre système de chômage, que notre système de formation est à revoir, que nos professions réglementées sont trop réglementées (ah…), et que notre système fiscal est inefficace, parce qu’il conviendrait de taxer plus la consommation que la production (en résumé).

L’UE fait même le bilan des recommandations : ici. Je vous invite à vous rendre à la page 18 qui contient le tableau qui compare les recommandations européennes avec les changements déjà réalisés par la France.

C’est là où la France se divise. Si on continue à jouer à fond le jeu de l’UE, on a la crainte de se diriger vers un système à l’américaine, où les mutuelles privées prennent le pas sur notre système de santé actuel et ont toute puissance pour nous dire quel professionnel choisir et à quel prix.  Pour ma propre paroisse, je vous avoue que je ne vois pas d’un très bon oeil le passage où la Commission souhaite éliminer les obstacles à l’activité des professions réglementées…

Nous sommes tous d’accord sur une chose, (en témoigne le KO de la droite et de la gauche au premier tour), le système se doit de changer, mais pas n’importe comment.

Un rejet de l’UE n’est pas une solution durable à terme pour la France et l’ensemble des solutions proposées restent des propositions fondées sur des trucs qui fonctionnent dans d’autres pays. Une France forte, une France unie, c’est une France capable de dire « ok on entend les défauts de notre système, merci pour vos propositions mais on en a des meilleures, moins drastiques peut être plus longues à mettre en oeuvre mais qui aboutissent à un équilibre et des solutions compatibles avec notre savoir vivre et notre culture française… ».

C’est cette France là que je nous souhaite.